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Lettre ouverte. L’extermination silencieuse des éleveurs de porcs



Lettre ouverte. L’extermination silencieuse des éleveurs de porcs
Sept éleveurs de porcs bretons et salariés de la filière porcine viennent de nous faire parvenir une lettre ouverte. Nous la publions. Vous pouvez la signer en ligne en cliquant ici.


Cette lettre ouverte a été créée par des éleveurs de porcs et des salariés de la filière porcine.

Devant le désastre qui s’annonce et avec le silence qui l’entoure, ils ont décidé d’agir en écrivant ces quelques lignes pour faire savoir au monde économique, politique et aux citoyens, le drame qui est en train de se jouer.
Ce texte n’a pas été écrit pour l’intérêt personnel des auteurs, ni à des fins syndicales, mais uniquement pour initier une prise de conscience collective d’un futur désastre.



« Indignons-nous … »

L’Extermination silencieuse des éleveurs de porcs

Aujourd’hui, nous sommes tous épuisés, physiquement, moralement et financièrement par cette crise porcine qui perdure depuis 4 ans et demi. Ruinés, des collègues éleveurs jettent l’éponge dans l’indifférence la plus totale. C’est inhumain !!! Notre disparition semble programmée sans que personne ne s’en offusque, sans que personne ne s’indigne. Des emplois vont disparaître et chaque famille bretonne sera inévitablement affectée. Tout le monde doit en être conscient.

Face à la surdité ambiante qui nous entoure, nous avons décidé d’alerter par cette lettre, afin de rétablir les vérités économiques de nos élevages. Car quelle ne fut pas notre stupeur quand notre Ministre de l’Agriculture annonça fin 2010, que le revenu moyen des agriculteurs aurait évolué positivement de 66% !!! Une provocation de plus. Les chiffres, les vrais, les voici :

Le produit de la vente d’un porc (115€) suffit tout juste à payer son alimentation (95€), auquel il faut ajouter : annuités bancaires, main d’œuvre, coût environnemental, pour 55 € environ. Les calculs sont simples et sans appel, et mettent en évidence un manque de trésorerie de 30€ par porc, soit pour un élevage moyen de 200 truies, une perte mensuelle de 12000€ !!!! Aucune entreprise, aucun corps de métier n’accepterait cette situation sans réagir.

Le prix de marché n’est plus le fruit de la confrontation offre – demande, mais le résultat de la confrontation du fort (les financiers) et du faible (les producteurs).

Et pourtant, pour l’Etat Français tout est normal : tout en étant silencieux, il rajoute normes et réglementations faisant fi de notre situation économique. Pire, nos entreprises Amont et Aval, soucieuses de leurs profits à court terme, assistent en spectateur au génocide économique de l’élevage porcin breton.

Aussi, devant l’extravagance des cours actuels du porc et l’incohérence de la politique française et européenne, nous demandons :

Un prix du porc net payé de 1.65€ / kg pour la mi-mars, pour un prix moyen de l’aliment à 265€/tonne
Un moratoire sur les charges environnementales, ainsi que des délais pour la mise en place des normes Bien Etre
Un soutien des acteurs en amont de notre métier en interpellant les acteurs d’aval (abatteurs, salaisons, Grandes Surfaces)
Une solidarité des consommateurs français et de la Grande Distribution en privilégiant la Viande Porcine Française
Que cesse l’arrogance de l’aval (abatteurs, salaisons, Grandes Surfaces) qui nous met une pression humiliante.

En conclusion, nous exigeons l’arrêt de ce jeu de massacre et de ce droit de vie et de mort. Le fruit de notre travail a une valeur, qu’on le respecte ! Il a besoin de reconnaissance car il a généré de la richesse au niveau des industriels et des GMS depuis 4 ans et demi. N’oublions pas que l’on doit d’abord élever un porc, avant de le transformer et le vendre !
Aussi, que nos acteurs en Amont, nos acteurs en Aval, nos responsables professionnels, les Grandes Surfaces, nos politiques prennent leurs responsabilités pour sauver ce qui peut encore l’être.

Voilà tous les vœux que nous formulons pour maintenir, emplois et une économie bretonne forte.

Si vous êtes en accord avec cette lettre ouverte, vous pouvez la signer. Cela lui donnera du poids pour une prise de conscience collective et pour une diffusion vers les acteurs de la filière porcine, les politiques, la presse, la Grande Distribution et le consommateur.


Roger Mauguen, éleveur de porcs, Cast
Remi Berthevas, technicien de suivi d’élevages, Quimper
Michel Tanguy, éleveur de porcs, St Derrien
Denis Sanquer, éleveur de porcs, Le Tréhou
Denis Hémon, éleveur de porcs, St Jean Trolimon
Philippe Raoult, éleveur de porcs, Le Haut Corlay
Philippe Boété, éleveur de porcs, Quéménéven

Lundi 17 Janvier 2011





1.Posté par pierreesserd le 18/01/2011 08:41
Bonjour,

Vous avez raison de vous indigner de cette situation, tout comme ce type d'élevage et de filière commerciale m'indignent.

Vous savez depuis longtemps que vous ne pouvez pas compter sur la France ni sur l'Europe pour vous en sortir, alors pourquoi ne pas vous en sortir par vous-même ? Facile à dire certainement ! Mais vous savez très bien que c'est la seule solution ! Je connais l'exemple d'agriculteurs et d'éleveurs qui ont voulu sortir de la dictature du marché, et ils ont réussi ! Comment ? En regardant les choses en face : en commençant par savoir ce qu'ils voulaient : ne pas continuer comme cela. Cela signifie revenir à des pratiques respectueuses de l'environnement, des hommes et des animaux. Produire moins, mieux pour des consommateurs locaux. Du producteur au consommateur, avec au maximum un intermédiaire. C'est ça la liberté ! Oui ! Réagissez ! Vous êtes ceux qui nourrissent la France et vous crevez de faim ! S'il y a un problème, il n'y a que vous qui puissiez le régler, ce sera très dure, mais il n'y a pas le choix. Il faut rompre les ponts avec l'agriculture et l'élevage que les bureaucrates vous ont imposé. Alors oui, vous avez mon soutien, si vous décidez de donner un nouvel élan à votre profession, et une nouvelle image…

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