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Le scandale de l'amiante est-il terminé ?



La manifestation annuelle à Paris: un moyen pour l'ENDEVA de plaider la cause des victimes de l'amiante ©addeva29
La manifestation annuelle à Paris: un moyen pour l'ENDEVA de plaider la cause des victimes de l'amiante ©addeva29
« Le scandale sanitaire du siècle »! L'utilisation de l'amiante et sa prohibition en 1997 continue de faire grand bruit dans le monde entier. D'abord victime avant de s’engager en tant que président de l'association départementale de défense des victimes de l'amiante (addeva29), Etienne Le Guilcher en fut un témoin privilégié. Son décès, le 23 avril dernier, signe la fin d’un combat personnel de 15 ans.


35 000 victimes connues à ce jour pour ce « scandale sanitaire du siècle », selon le fond d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA).
Un véritable ravage auquel n'a, malheureusement, pas échappé le finistérien Étienne le Guilcher, décédé samedi 23 avril. Celui qui fut le fondateur et le président emblématique de l'Association départementale de défense des victimes de l'amiante (Addeva 29) laissait plus de 15 ans de combat derrière lui. Un combat de longue haleine contre l'usage de l’amiante, un minéral fibreux aux caractéristiques très intéressantes, notamment pour la construction, mais à la haute toxicité.
Promotion de l'entraide entre les victimes de l'amiante, renforcement de la prévention et défense des droits des victimes avaient été les principales motivations du « breton de l'année 2006 ». Ce dernier avait créé, en 1999, l’antenne départementale de l'association nationale des victimes de l'amiante (ENDEVA).

De l'amiante dans les hôpitaux

Mais cette disparition ne signifie pas la fin du problème de l'amiante en Bretagne. Bien que l'usage de ce matériau, notamment responsable de cancers broncho-pulmonaires ainsi que de cancers de la plèvre, a été interdit en 1997 en France. "Mais il est toujours présent autour de nous", déplore Mme.Martins, membre du conseil d'administration de l'association Addeva29. Pour cette militante qui a longtemps travaillé aux côtés d’Etienne le Guilcher, « l'amiante est toujours présente en Bretagne, notamment dans des bâtiments administratifs, dans des bâtiments agricoles et même dans certaines chaufferies d'hôpital ».
De plus, « certains bateaux venant de l'étranger, pour être démantelés ou réparés, sont également porteurs de ce matériau toxique » s'insurge-t-elle. Un matériau notamment présent dans le fameux porte-avion « Clémenceau », dont le démantèlement a engendré une polémique pour laquelle l'Addeva a participé.

« Des jeunes infectés à l'école »

Bien qu’amputée d’un de ses membres emblématiques, « l'action continue », affirme Mme Martins ; et ce, avec « une nouvelle équipe dirigeante porteuse d'une réelle dynamique ».
Installation d'une stèle en hommage aux victimes de l'amiante, manifestation annuelle à Paris et plus de 2 300 dossiers traités depuis 10 ans : les actions développées par l'Addeva29 sous la présidence d'Étienne Le Guilcher ont été significatives. Ce qui pousse le nouveau directoire à rester sur la même ligne. Comme l'explique celle qui est aussi secrétaire de la structure : « notre nouveau projet s'axe principalement autour de la fermeture des recycleries sauvages de déchets amiantés, nombreuses sur le territoire ». Avant d'ajouter : « nous subissons de fortes pressions, notre action dérange toujours ».
Un sujet qui reste sensible 15 ans après l'interdiction de ce matériau. Malgré les 2,4 milliards d'euros d'indemnisation déjà accordés par Le Fond d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA), plus de 6 000 dossiers d'indemnisation sont enregistrés chaque année, pour une dépense publique de l'ordre de 359 millions. Dans ce funeste calcul, la Bretagne est particulièrement concernée car elle est la 8ème région la plus touchée par cette contamination avec 5,9 % du total des victimes connues en France.

Avec 1 709 arrêts rendus par les différentes cour d'appel sur le contentieux de l'amiante en 2009, cette question reste plus que jamais d’actualité. De quoi se souvenir, avec regret, de la citation prémonitoire de Denis Auribault, inspecteur départemental du travail à Caen, qui dénonçait dès 1906 « la forte mortalité des ouvriers dans les filatures et les usines de tissage d'amiante ».Plus d'un siècle plus tard, 100 000 personnes dans le monde décèdent encore chaque année à cause l'amiante...


Un article réalisé par Nathanaël Fattier pour notre partenaire Bretagne Durable, www.bretagne-durable.info

Lundi 9 Mai 2011




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