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Eoliennes off shore, un débat illusoire ?



© Nass and Wind
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Quatre débats publics sur l'éolien en mer sont actuellement en cours en France, à Saint-Brieuc (22), Saint-Nazaire (44), Fécamp (76) et Courseulle-sur-mer (14). L'objectif affiché est d'ouvrir les discussions au plus grand nombre.

100 éoliennes au large de St Brieuc, pour une puissance totale d'environ 500 mégawatts. Considéré par la Commission nationale du débat public (CNDP) comme d'intérêt national, ayant des impacts socio-économiques et environnementaux importants et demandant, en outre plus de 300 millions d'euros d'investissements, ce projet doit faire l'objet d'un débat public.
Après l'instauration d'un site interactif, une réunion animée par une Commission particulière (CPDP) a ouvert le 28 mars dernier, le débat public proposé aux Bretons jusqu'au 24 juillet prochain pour connaître leur regard critique. En plus de dix réunions programmées dans les communes alentours, de nombreux moyens de communication sont mis en place pour s'informer et s'exprimer : site participatif, sms, courriers postaux ou électroniques...
 
Impacts environnementaux et financiers
 
Pour le mener à bien, une commission particulière (CPDP) a été formée par la CNDP. Elle se compose de six personnes ayant des connaissances particulières dans les domaines concernés par le projet, et bien souvent une expérience des débats publics. Du côté des participants, la CPDP a consulté, six mois durant, les associations lors de la première rencontre 28 mars, Thierry Dereux, président de Côtes d'Armor Nature Environnement (CANE) et Bernard Schumpp, expert scientifique du collectif Pour un littoral sans éolienne (PULSE), ont eu chacun sept minutes d'intervention.
Pour le militant de la CANE, qui a rappelé le soutien de son association au développement de l'éolien en mer, l'environnement reste le grand oublié du projet : « les résultats des études d'impact ne seront connus qu'en 2014, soit après le débat public, argue-t-il. Comment juger sur le papier, des études non faites ? » déplore-t-il. Bernard Schumpp, quant à lui, souligne une présentation et des calculs biaisés : « On ne présente pas la partie du projet propre au territoire et les coûts sont beaucoup plus importants, pour le contribuable, que ce qui est présenté ».
 
 
Face au « rouleau-compresseur » politique
 
« Simagrées de démocratie » ou « démocratie de façade », peut-on lire sur le site interactif du débat public. A ces remontrances, Antoine Dubout, président de la CPDP, s'en tient aux chiffres : « Il faut rappeler que sur les 60 débats publics menés depuis 2002 dans l’Hexagone, seuls 11 projets ont été poursuivis sans modifications à l'issue du débat, tandis que 40 ont été modifiés ». Dans les faits, à chaque déposition, la CPDP soumet la question posée au maître d'ouvrage, dont le site Internet est fermé le temps du débat.
Plusieurs semaines de délai, excepté en réunions, où les réponses, si possibles concises, peuvent être apportées immédiatement. Reste la difficulté de s'exprimer. Thierry Dereux ne cache pas l'impression écrasante qu'il a eue lors de l'ouverture du débat, face à l'assemblée, nombreuse, et aux représentants officiels présents. « Les aspects économiques sont importants et on sent une forte poussée politique, comme un rouleau-compresseur, qui peut donner le sentiment aux plus hésitants qu'il ne sert à rien de déposer. » Bernard Schumpp, plus vindicatif, entend « titiller et bousculer un peu les personnalités présentes, pour plus de transparence vis-à-vis de la population ». Antoine Dubout espère quant à lui « faire sortir le bon sens » de chacun pour enrichir le débat, répond-il à ceux que la technicité du projet peut freiner.
La participation citoyenne intervient après la décision politique de construire un parc d'éoliennes off shore, mais n'est peut-être pas vaine pour autant. Car « sans débat, c'est pire », lance Alain Le Suavet, porte-parole du collectif Gaspare, qui lutte contre le projet de centrale à gaz de Landivisiau pour lequel la CNDP n'a pas jugé utile de lancer de débat public. Il faut redoubler d'énergie pour se faire entendre et Gaspare, qui participe aux discussions sur l'éolien off shore, se réjouit de cette occasion de « s'informer, s'exprimer et se positionner ».
 
Plus d'infos
Le verbatim de chaque réunion sera disponible, dans les quatre jours ouvrés, sur le site du débat public. Celui de la réunion du 28 mars est en ligne (son et vidéo).
Autres débats publics sur l'éolien off shore en cours : Saint-Nazaire, Fécamp, Courseulle-sur-mer.

Un article réalisé par Lucie Aubin pour notre partenaire Bretagne Durable, www.bretagne-durable.info

Mardi 9 Avril 2013




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