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« L'Atlantique Nord a été pillé par la pêche intensive... »



« L'Atlantique Nord a été pillé par la pêche intensive... »
Alors que l'Union européenne vient de proposer une réforme de la politique de la pêche qui s'attaque notamment à la surpêche et à la préservation des réserves de poissons, Bertrand Mignot, réfèrent océan de l'antenne Greenpeace de Rennes réagit vivement. Entre critique du système de pêche actuel et compréhension des impératifs des acteurs de la profession : une tribune sans concession, suivie de la réaction critique des collectivités à ce projet de l’Union.

Je suis référent « océan » au sein de l'antenne rennaise de Greenpeace depuis 3 ans. Cette position militante m'a permis de me rendre compte d'un certain nombre de problématiques concernant la pêche en Bretagne.

Les poissons de grand fond en danger

 

Regardons d’abord au-delà de la Bretagne pour comprendre une situation extrême comme celle de la pêche intensive à la morue au large de Terre neuve. Conséquence de ce désormais cas d’école : la quasi disparition de l'espèce dans les années 1990 a entraîné un déséquilibre considérable du milieu. Et aujourd'hui, la réimplantation de cette espèce n'est tout simplement plus possible. 
Mais sans aller jusque là, on peut d’ores et déjà observer des problèmes similaires sur les côtes bretonnes. En particulier en ce qui concerne la pêche intensive des poissons de grands fonds, tels les lingues bleues et les grenadiers, qui ont un cycle de vie de plus de 50 ans. Et dont l'exploitation occasionne un impact sur le long terme du fait de la lenteur de la régénération des populations. 

Malgré ce constat, nous comprenons la situation dans laquelle se trouvent les marins pêcheurs, devant faire face à une crise de la profession et à une baisse de leurs revenus en raison d’une décroissance de la ressource. L'Atlantique Nord a été pillé pendant de longues années et de multiples milieux se sont métamorphosés, mettant en difficulté la profession. Pour exemple phare, le rapport d'emplois dans la pêche est passé de 30 à… 1 en Bretagne ! En outre, les difficultés s'accroissent pour ceux qui sont toujours dans le métier.

Une surexploitation des ressources due aux aides de l'UE

 

Ce contexte contribue paradoxalement à faciliter le dialogue entre les associations de protection de l'environnement comme Greenpeace et les marins pêcheurs. Car la pression financière qui s'exerce sur eux, en raison notamment au manque de ressources, les contraint à se poser de plus en plus de questions. 

Nous comprenons donc la situation dans laquelle ils se trouvent, même si la politique sur la pêche doit évoluer vers une gestion plus soutenable. Or pour l'heure, les aides européennes permettent d'entretenir une pratique de la pêche qui menace nombre d’espèces. Il faudrait, notamment, que le changement politique soit impulsé à ce niveau. 
En attendant, il est possible pour les citoyens de s'organiser. Par la mutualisation des initiatives et le dialogue entre les différents acteurs concernés le changement peut s'opérer, sans avoir à espérer une réaction de l'organe communautaire.


 

Réforme européenne sur la politique de la pêche « un arrêt de mort pour la pêche française »?

75% de la ressource en poissons est surexploitée sur les zones de pêches européennes ! Un constat alarmant qui a poussé la Commission européenne à réagir. Le 13 juillet dernier elle proposait, par le biais de la commissaire européenne à la Pêche, Maria Damanaki, un projet de réforme de la politique commune de la pêche, très attendu par tous les professionnels du secteur. Au final, celui-ci ne satisfait personne. Alors que les marins pêcheurs critiquent la mise en place « d'un rendement maximum durable » (RMD), qui limiterait les quotas de pêche, dès 2015 (alors que la conférence sur la biodiversité de Nagoya en 2010 avait fixé l'échéance à 2020), les écologistes et les collectivités s'insurgent également. 

Quand les premiers jugent que cette réforme « ne fera que favoriser les pêcheries industrielles » les autres, notamment le Conseil général du Finistère, pointe du doigt « une privatisation de la ressource halieutique ». La région Bretagne ? 
A l'heure où la France importe déjà 80 % des produits de la mer consommés et où les populations de poissons exploités sont désormais « surexploités », le problème reste plus que jamais d’actualité...


Un article réalisé par Nathanaël Fattier pour notre partenaire Bretagne Durablewww.bretagne-durable.info


Mercredi 20 Juillet 2011




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